Éditorial d’octobre

Au Musée d’art moderne de Beaubourg, il m’est arrivé, j’étais plus jeune, de flâner dans sa libraire spécialisée située au rez-de-chaussée sous le restaurant typé « fast ». Scrutant les comportements enthousiastes des différents cocos, les regards heureux de ces proches badins en vacation qui vont s’accaparer une carte postale coinçant un Miró ou un Klimt dans un format A6, j’en suis venu à une conclusion manifeste mais néanmoins problématique : nous prenons plus de temps à choisir nos cartes postales qu’à contempler l’original quatre étages au-dessus. Pourquoi ? Elles meubleront notre quotidien. Constat ennuyeux qui me laisse encore aujourd’hui pantelant.

Notre façon de s’approprier un objet esthétique me semble importante à remettre en cause, et, pour cela, il faut réactiver la vivacité de notre jugement esthétique, idéalement pour réaffirmer le sens d’une production artistique.

C’est, en quelques mots, l’une des idées qui me fait mettre en ligne ces quelques articles qui représenteront des retours amusés, des observations précises sur le style ou des analyses sur ce qui me paraît être des sujets de société justes à traiter dans une fiction. De plus, j’ajouterai à mes propres éclairages quelques pistes d’inspiration qui pourraient nourrir l’imaginaire des auteurs qui parcourent ce web log.

Bref, un petit endroit confiné où je discuterai de diégèse, c’est-à-dire des univers fictionnels et des façons qui permettent de leur faire prendre une certaine hauteur.

En ce qui concerne ma sélection littéraire ou audiovisuelle tout à fait discutable, je me défendrai derrière un premier principe qui sera au fondement de l’esthétique ici défendue bec & ongles : peu importe le sujet abordé dans une œuvre, il y a souvent quelque chose de bon à tirer, et quelque chose de très mauvais qui persiste, qu’elle soit audiovisuelle ou littéraire, géniale ou mineure. Je ne ferai donc pas particulièrement de dichotomie entre œuvres nobles ou populaires, commerciales ou indépendantes ; peu importe à vrai dire, traitons ces différentes productions sur un même terrain : au regard des histoires qu’elles déploient.

J’ai essayé d’être aussi précis qu’il m’était possible de l’être dans ces premiers articles, j’espère qui vous vous familiariserez sans trop de peine avec la langue un peu confuse que j’emploie, qui ne me satisfait que très peu, mais qui véhiculera a priori quelques petites thèses que j’imagine à propos. Comme vous le remarquerez, les textes se répondent les uns aux autres, et j’aborderai parfois au détour d’un exemple des questions auxquelles je préférerai tenter de répondre dans de futurs articles.

Bonne lecture.

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